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 La presse marocaine revient de loin

         
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: 10/07/2007

: La presse marocaine revient de loin    12, 2010 11:56 am


Entre 1820, date de la parution du premier journal Ceuta



Abdallah Stouky, journaliste et fondateur, entre autres, du journal Al Maghrib.


Al Mouharrir, Lamalif, Souffles, Anoual, 8 Mars, et bien dautres sont autant de publications qui tmoignent dune poque aujourdhui oublie. Celle de la naissance dune presse dabord militante et partisane, puis petit petit indpendante et "relativement" professionnelle. Dpoussirage. Par Driss Bennani


La presse marocaine revient de loin. Complexe et tumultueuse, des pages entires de son histoire, pourtant rcente, restent encore crire. Entre 1820, date de la parution du premier journal Ceuta, le milieu des annes 50 (qui marque lge dor des premiers journaux marocains, essentiellement de gauche)
et aujourdhui, lintervalle est court.
A-t-on pour autant tir les leons de cette histoire, brve mais riche ? Jamais ou alors, pas assez. "Depuis plus de 40 ans, les mmes erreurs (professionnalisme, dontologie, etc.) se rptent et lhistoire des mdias ne semble interpeller ni n'intresser personne", affirme non sans regret, Abdallah Stouky, journaliste et fondateur, entre autres, du journal Al Maghrib. Lexemple de la presse partisane est de loin le plus loquent. Voici une presse qui na pas su capitaliser sur un bon dpart et une crdibilit toute preuve pour se professionnaliser. Rsultat aujourdhui : elle est, en grande partie, marginalise. Autre exemple, celui du code de la presse. À ct des lectures juridiques, une lecture historique ne serait pas de trop. Les restrictions de 1973 faisaient suite aux coups dÉtats contre le roi. Tout comme les dernires rformes qui sont venues en rponses aux vnements du 16 mai.
Tout au long de ces cinquante dernires annes, des dizaines (voire plus) de journaux sont ns, beaucoup ont pri. Faute de professionnalisme, de moyens, de libert. Fatalement, cela continue.
Lorsquen 1956, le Maroc recouvre son indpendance, la presse se rsume quelques titres seulement. À ct des publications du groupe franais MAS, il y avait Al Alam, journal du parti de lIstiqlal, rapparu quelques mois avant lindpendance et la presse communiste, clandestine et irrgulire. Petit petit, les journaux marocains commencent chasser les feuilles trangres. Premier objectif : mme si elle saligne sur les positions du sultan, en finir avec la presse MAS. En 1959, le parti de lIstiqlal connat sa premire scission. La naissance de lUNFP est accompagne (le pack deviendra classique) par la cration du journal porte-parole du parti, Attahrir. Avec Al Alam en face, les deux titres se livreront une guerre sans merci. À limage de lanimosit entre les deux partis diteurs.
Jusquen 1965, la presse de cette poque (dautres journaux natront videmment) tonnera par la virulence de ses propos. Sur la Une dun ancien numro du journal Addoustour (1963), on pouvait lire "non au retour du despotisme et de la fodalit". Sur dautres ditoriaux, les auteurs critiquaient "la personnification de la monarchie" et la tenaient "responsable des ingalits qui existent dans la socit". "Le dbut des annes 60 avait quelque chose de magique. On sentait venir quelque chose, nous nous disions que le grand soir tait pour le lendemain", tmoigne un journaliste aujourdhui sexagnaire.
Et le "grand soir" arriva. Un tat dexception qui sonne, trs vite, le glas (le premier) de la presse partisane. Rduits au silence, de nombreux journaux seront interdits, suspendus, etc. Sont-ils alls trop vite ? Beaucoup le reconnaissent avec du recul aujourdhui. La dmarche frontale tait galement maladroite. En plus, explique Stouky, "ces journaux taient grs d'une main de fer par les partis". Manque de dmocratie interne, des militants reconvertis dans le journalisme. Le tableau est classique.
Paralllement, de nouvelles expriences, indpendantes, voient le jour. Lamalif, Souffles, Maghreb Informations pour ne citer que ceux l. La formule a fini par payer : des journaux de sensibilit, plutt que des journaux partisans. "Nous avions une orientation nettement gauche mais nous tions avant tout un journal", tmoigne aujourdhui Mohamed Jibril, journaliste Lamalif.
Ce qui nempchera pas les nouveaux partis dits de ladministration daccompagner leur cration (ds 1975 avec le RNI) par la parution de leur journaux porte-paroles. Pour servir de canal de communication avec les bases, certes, mais aussi (et surtout ?) pour contrer la presse de gauche ou de sensibilit gauchiste. "Ctait alors le jeu de la demi-mesure, des mtaphores. Nous crivions entre les lignes. Lexpression, pas encore libre, tait de nouveau permise", tmoigne Najib Rfaif, qui a accompagn les dbuts du journal Al Maghrib. Le dbut des annes 70 allait connatre lapparition de grandes plumes galement. Beaucoup sont devenus patrons de presse par la suite.
Mais alors, question : si elle a constitu un enjeu aussi important, la presse marocaine de cette poque avait-elle un lectorat, un impact ? La rponse est oui, chiffres lappui. Avec des ventes plafonnant entre 8000 exemplaires par jour pour certains quotidiens et 12.000 pour un mensuel comme Lamalif, ces chiffres ont de quoi faire plir de jalousie de nombreuses publications aujourdhui. Lexplication est pourtant simple, explique Jama Baida, historien : "La raret des journaux lpoque et leurs interdictions successives en faisaient un produit dsir. En plus, ils constituaient un rel moyen dinformation face une radio et une tlvision vrouilles". Soit, mais comment parler dimpact dans une socit analphabte (peut-tre encore plus quaujourdhui) ? La rponse est, encore une fois, historique. Jama Baida explique que "du temps du protectorat, les colons remarquaient que des analphabtes achetaient rgulirement des journaux francophones. Ils allaient ensuite en faire une lecture collective dans les mosques, et par la suite dans cafs et les endroits publics".
Que se serait-il pass maintenant si la presse stait professionnalise ? Aurait-elle eu plus dimpact et dinfluence sur le cours des vnements au Maroc ? "La question de la professionnalisation ne se posait mme pas", rpond Stouky. Jusquau dbut des annes 90, la presse a t uniquement militante. En plus, rajoute Rfaif, "la presse indpendante ntait pas un investissement viable lpoque. Si le journal marchait, il risquait dtre rcupr".
Il aura fallu attendre les annes 90 pour assister la naissance de la premire presse indpendante. À cette poque, les partis de lopposition prparaient dj leur entre au gouvernement, et forcment, cela se ressentait au niveau de la virulence de leurs propos. Cest galement vers la fin des annes 90 quon assistera la cration des premires vritables (cest relatif) entreprises de presse. En tout, on compte aujourdhui au Maroc plus de 650 publications, tous genres confondus. Aprs la raret, la profusion. Mais alors, quelle crdibilit ?
    
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