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 Al Haouz, dont 90% des villages sont situs en montagne

         
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: 10/07/2007

: Al Haouz, dont 90% des villages sont situs en montagne    02, 2010 9:58 am


le taux de pauvret est en baisse, de 14% 9% pour lensemble du royaume et de 36 21% dans les communes rurales cibles par lINDH.


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Il y a cinq ans, le roi Mohammed VI donnait le coup denvoi de lInitiative nationale pour le dveloppement humain (INDH). O en est aujourdhui ce grand chantier social ?



Ctait le 18 mai 2005. Un an presque jour pour jour aprs les attentats de Casablanca, Mohammed VI traait les grandes lignes de ce qui allait devenir lInitiative nationale pour le dveloppement humain (INDH), un grand chantier de lutte contre la pauvret. Pour la coordinatrice nationale de lINDH, Nadira El Guerma, cela ne fait aucun doute : cinq ans aprs le bilan est largement positif . Les chiffres sont en effet plutt encourageants. Entre 2006 et la fin 2009, 19 848 projets de lutte contre la pauvret ont t labors, dont 4,8 millions de Marocains ont bnfici. Prs de 1 milliard deuros a t investi, grce notamment laide de lUnion europenne (60 millions), de lArabie Saoudite (50 millions), de la France (8 millions), de lItalie (8 millions) et des Etats-Unis (9,3 millions).

Rsultat : le taux de pauvret est en baisse, de 14% 9% pour lensemble du royaume et de 36 21% dans les communes rurales cibles par lINDH.

Au total, 403 communes rurales et 264 quartiers urbains ont bnfici de ce programme travers des projets trs divers : ducation, activits gnratrices de revenus, sant, centres daccueil pour femmes ou personnes ges.



Principal obstacle : le manque de moyens humains



Loriginalit de lINDH est davoir affich ds le dbut une ambition participative. Notre objectif est damener les gens travailler ensemble. Nous voulons mutualiser les comptences et les connaissances , souligne la coordinatrice nationale. La premire dmarche des quipes de lINDH consiste aller la rencontre des populations pour comprendre leurs besoins.

A lchelon des communes, des Comits de dveloppement humain, regroupant les associations, les lus, les autorits administratives, laborent les projets. Ceux-ci sont ensuite soumis pour approbation aux autorits provinciales et rgionales.

Par ailleurs, une fois un projet valid, de rels efforts sont mens pour viter les lenteurs. Les procdures ont t assouplies, notamment en ce qui concerne les dcaissements, souvent trs lents au Maroc.

Le monde associatif, aussi, a d sadapter. Souvent mal structur, parfois hsitant, il a d apprendre grer avec plus de transparence, respecter les rgles et les procdures. Le manque de moyens humains est sans aucun doute lun des principaux obstacles la mise en uvre de lINDH. Les bailleurs de fonds en sont conscients et ce nest pas un hasard si laide amricaine porte exclusivement sur lappui et la formation des porteurs de projets concernant des activits gnratrices de revenus. Sur les 40 000 associations que compte le Maroc, 13% seulement se sont impliques dans lINDH.



Des microprojets gnrateurs de revenus



Pour Bouchaib El Moutaouakil, gouverneur de la province dAl Haouz, lune des plus pauvres du royaume, lINDH a permis lmergence de nouvelles cultures et favoris une volution des mentalits. Les gens se prennent en charge. Dans les zones recules, laccs leau, llectricit, le dveloppement des services de sant et dducation sont gres par des associations () Mais cela a cr aussi beaucoup dattentes .

La province dAl Haouz, dont 90% des villages sont situs en montagne, demeure trs vulnrable, malgr une amlioration de plusieurs indicateurs, comme la scolarisation des filles dans le primaire (35% en 2004, 75% en 2008) ou le raccordement leau potable (57% en 2004, 73% en 2008). Lhiver, en raison de la neige, de nombreux douars sont enclavs. Lconomie locale est totalement asphyxie pendant un deux mois , explique le gouverneur. Il faut, insiste t-il, miser sur les microprojets gnrateurs de revenus : gites dtapes, artisanat, production dhuile dolive, valorisation des plantes aromatiques et mdicinales. Lobjectif est dassurer un revenu prenne aux populations. Une orientation dj inscrite par les autorits dans le prochain plan quinquennal.




Une maison d'accueil pour futures mamans

Trop de femmes meurent en couches faute dtre prises en charge


Perche dans la montagne, dans le paisible petit village de lOurika, une cinquantaine de kilomtres de Marrakech, Dar Al Oumouma, une maison dattente pour femmes enceintes, jouxte le centre de sant. Dans une chambre, le dos tourn la porte, une jeune femme allaite son enfant, pudique. Dans la pice d ct, des clats de rire retentissent. Trois mamans et leurs nouveaux ns, envelopps dans des couvertures, sont alits. Elles ont accouch dans la nuit. Gardes en observation pendant deux jours, elles recevront des conseils sanitaires pour soccuper de leur enfant, sous le regard dune accompagnatrice, le plus souvent un membre fminin de la famille. Des vidos sont projetes pour informer les jeunes femmes sur lallaitement, les soins apporter au nourrisson, galement sur la contraception. On en profite pour sensibiliser les autres femmes, leur expliquer quelles ont tout intrt venir, quelles seront suivies et prises en charge sil y a un problme laccouchement, indique Saida Khabata, la directrice de Dar Al Oumouma. Pour les futures mamans et leurs accompagnatrices, le sjour est gratuit.

A quelques mtres, derrire une autre porte, le mdecin et son quipe de sages femmes veillent au grain, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le centre de sant public assure les accouchements normaux. Dans larmoire pharmacie, des kits striles sont entreposs. Prs de la table daccouchement, trne un chographe. En cas de complications, les mres sont vacues en ambulance vers lhpital le plus proche Marrakech.

La maison Dar Al Oumouma a t cre, en coopration avec lUnicef, afin de lutter contre la mortalit maternelle et infantile. Un flau qui touche le Maroc et particulirement les habitantes des villages de montagne trop isols. Obliges daccoucher domicile avec pour seul soutien une accoucheuse traditionnelle, les futures mamans se retrouvent vite en dange.

En 2005, quelque 1 500 Marocaines sont mortes pendant la grossesse, laccouchement ou peu aprs. Le royaume recense 227 dcs pour 100 000 naissances vivantes, soit lun des chiffres les plus levs du Maghreb.



43% des accouchements se font dsormais en milieu surveill



Depuis la construction, en 2006, de Dar Al Oumouma lOurika, sur un terrain cd par le ministre de la sant, le taux daccouchement en milieu surveill des sept douars impliqus dans le projet est pass de 17% en 2005 43% en 2009. Au total, 815 femmes ont accouch au centre de sant de lOurika, huit fois plus quavant 2006. 107 autres ont t vacues.

Il faudra encore attendre deux ans pour avoir des indicateurs sur la diminution de la mortalit maternelle. Mais dores et dj, ces chiffres sont un signe de changement , indique Abdessamad Hejjaj, chef de division de laction sociale de la province dAl Haouz.

Financs par le conseil provincial et lUnicef, lINDH et les communes de la province dAl Haouz regroupes en association, les investissements se sont monts 1,6 million de dirhams (environ 142 000 euros). Le sjour dune mre cote 155 dirhams.

Nous en sommes la quatrime Dar Al Oumouma, souligne Abdessamad Hejjaj. Cest la premire fois au Maroc quune province dploie une telle stratgie de lutte contre la mortalit maternelle et infantile. Dailleurs, aprs avoir quip les accoucheuses traditionnelles en tlphones portables,nous exprimentons le Samu obsttrical, pour celles qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas se dplacer en raison du cot du transport .





Un foyer de collgiennes pour lutter contre la dperdition scolaire

Lloignement des villages est un frein la scolarisation des filles.


Contrairement une ide rpandue, ce ne sont pas tant les conditions conomiques qui poussent les familles du monde rural retirer leurs filles de lcole la fin du primaire, mais lloignement gographique () Pour les communes loignes, il ny a pas de transport scolaire. Et il nest pas concevable de laisser une fille parcourir 5 ou 10 km pied ou vlo, seule en pleine campagne, pour aller lcole voire mme lenvoyer chez des cousins en ville pour poursuivre ses tudes, explique Zenjali Abdelghani, le directeur de la maison de ltudiante, Dar Taliba, Tassoultante. Du haut de la terrasse ensoleille, il dsigne les montagnes de lAtlas au loin et les vertes tendues convoites par les promoteurs immobiliers. Ici, les filles ont un environnement exceptionnel () Nous avons beaucoup de problme pour accepter toutes les candidatures. Alors on donne priorit aux orphelines et aux ncessiteuses . Retrait du ministre de lEducation, Zenjali Abdelghani a travaill plus de trente ans ltablissement de la carte scolaire. Il a parcouru le Maroc, visit quantits de douars enclavs, dpourvus dcoles.

Depuis son ouverture, il y a un an et demi, Dar Taliba Tassoultante rencontre un succs fou. Prs dune centaine de filles de 11 19 ans, sont admises durant la semaine, nourries, loges gratuitement, afin de leur permettre de poursuivre une scolarit normale. Spars du foyer par une barrire, lcole primaire et le collge sont quelques mtres.

La surveillante gnrale, ancienne professeur de franais, est trs vigilante sur les devoirs et les alles et venues de ses pensionnaires. Les sorties ne sont pas autorises. Les dortoirs sont impeccablement rangs. Attenante au rfectoire, une salle de prires a t prvue. Dar Taliba dispose galement dune salle multimdia. A linfirmerie, un bienfaiteur a mme fait don dun chographe.

Ici il y a un minimum de services. Cela cote environ 30 dirhams par jour et par fille, contre 12 dirhams dans un internat public classique, prcise Zenjali Abdelghani. On ne se substitue pas lEtat, souligne le directeur. Mais ici il ny a pas dinternat et la demande est trs grande.

Pour assurer la construction de ltablissement, lassociation Tassoultante pour le dveloppement, lorigine du projet, a dbours 2 millions de dirhams, dont 600 000 provenant de la commune. LINDH a apport le complment, soit 1,4 million.





    
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Journal 2000 . Redacteur en chef : AOUAZI BOUCHAIB - E-mail: Prost_ya@hotmail.com :  ::   ::  -